« Espace sensible », du dessin à la recherche et retour

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À l’occasion de l’exposition de la bâtarde Caroline Glorie chez Odette, une bijouterie joaillerie – galerie d’art au cœur de Liège, nous publions ici un texte à l’origine publié dans la newsletter de l’université de Liège le 26 octobre 2020. Certaines œuvres exposées ont permis d’illustrer le dossier « Nos corps nous disent » (La bâtarde, 2019).

Caroline Glorie est chercheuse au département Médias, Culture et Communication de l’ULiège. Après un master en philosophie, elle réalise une thèse au sein du projet ARC-GENACH « Genèse et actualité des Humanités critiques. France – Allemagne 1945-1980 ».

Grâce à la bijouterie Odette, située dans le vieux centre de Liège, elle expose pour la première fois ses dessins aux pastels secs. Entre les vitrines de créateurs et d’artisans de bijoux, les dix-neufs dessins de l’exposition « Espace sensible » invitent à un voyage à plusieurs épaisseurs. On voit des corps féminins, des visages et des regards dessinés avec des couleurs vives et des traits vigoureux. L’exposition a pour thème principal les émotions. La colère, la joie et la tristesse sont évoquées avec leurs dimensions de fragilité et de force : la colère est empouvoirante, la tristesse est calme et résiliente, la joie est une extase.

La-main-verte

« La main verte » représente la tension créatrice de la main, outil au service du dessin et des bijoux, l’énergie circule par traits jaunes et organes, les muscles sont maigres, à la fois puissants et faibles. Tout autant l’est le trait du pastel sec, à la fois fragile car il peut être effacé, estompé ou flouté, et fort car il est immédiat, sans gommage et sans reprise.

Les trois couleurs

« Les trois couleurs » est un dessin qui superpose un visage et des corps expressifs. Le dessin est empreint de tristesse, mais de quelle tristesse ? De nostalgie ou d’acceptation ?

Le corps noir

« Le corps noir » représente un corps qui danse et qui combat, pris dans le mouvement des couleurs qui rappellent le vent, le changement et des silhouettes lointaines.

Les dessins ont été réalisés entre 2008 et 2020, dans l’espace du privé et de l’intime, sans que la technique utilisée n’évolue. Ce qui a changé, c’est ce que représentent les dessins, accompagnant de nouveaux apprentissages et efforts à fournir. Ainsi, « Personnel scientifique » connecte le travail de représentation du corps scientifique de la Faculté de Philosophie et Lettres et l’impact qu’on peut vouloir d’un dessin. Il y est question de colère, une colère pleine de force et d’espoir, comme dans beaucoup d’autres dessins de cette exposition.

Le dessin est un espace de travail parallèle au travail de thèse de Caroline Glorie. Sa thèse porte sur le concept d’espace public, ses appropriations et ses transferts franco-allemands. Ce concept est institué par Jürgen Habermas en 1962 et a donné lieu, en réaction à ses dimensions universaliste et libérale, à la création d’autres concepts comme celui d’espace public oppositionnel (Oskar Negt et Alexander Kluge) et de contre-public subalterne (Nancy Fraser), créés pour diversifier, multiplier et inscrire la réflexion sur la publicité dans une visée politique marxiste et émancipatrice.

L’exposition « Espace sensible » est visible jusqu’au samedi 7 novembre inclus, à la bijouterie-joaillerie galerie d’art Odette, 30 rue Hors-château, 4000. Du mercredi au samedi, de 10h à 18h.

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Hélène Molinari

J’suis pas encore finie. Je ne cherche pas à être finie. Tout ça jusqu’à preuve du contraire, parce qu’il ne faut jamais dire jamais. J’suis une bâtarde.

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